Comment ça a commencé ?
L’espace culturel La Cenne est né d’un besoin d’enracinement dans la communauté de la part de la Coop Les ViVaces. Après la découverte d’un lieu inspirant, les ViVaces se sont associés à d’autres artistes partageant leurs valeurs et leur rêve d’un espace culturel collectif. « On louait tous des locaux pour répéter, des entrepôts, des espaces de bureau. On a voulu mettre nos forces en commun, créer un réseau d’artistes et d’humains », explique Mathieu, de la Coop Les ViVaces.

Quatre personnes ont été les principaux piliers de cette aventure : Mélanie Charest, mutante culturelle, Mathieu Riendeau, entrepreneur et artiste, Pierre Potvin, artiste multidisciplinaire, et Christophe Garoscio, artisan ébéniste.

« On ne se connaissait pas. On s’est reniflé comme des bêtes, et ça sentait bon, on a tout de suite su qu’on allait bien s’entendre », illustre Mélanie, de Zone Artistique Libre.

L’espace de 7500 pi2 a d’abord complètement été démoli avant d’être réaménagé selon les plans de l’architecte Laurent McComber. Les ateliers ont été installés en périphérie afin de favoriser les échanges et de permettre un meilleur éclairage naturel. Au centre, un îlot accueille les résidents de l’espace le matin et à l’heure du lunch. Des entrepôts permettent aux artisans de ranger tout leur bataclan.

Pièce maîtresse, la salle multifonctionnelle a été insonorisée à l’aide d’une technique aussi novatrice qu’écologique : une cloison épaisse faite principalement de fibres de chanvre dont la construction a nécessité la participation d’une vingtaine de personnes offrant ainsi d’innombrables heures bénévoles. Le résultat est magnifique !

Refaite à neuf, toute La Cenne a en effet été emménagée dans le souci de l’environnement. Des prises et fils électriques ont été récupérés de l’ancien atelier, des portes et fenêtres usagées ont été installées, et les éléments neufs ont été choisis en fonction de leur économie d’énergie.

Rien n’a été laissé au hasard, pas même la symbolique du lieu. Durant les rénovations, un lien privilégié s’est tissé entre le théâtre de Quat’sous, alors en démolition, et La Cenne, alors en construction. La scène et les bancs de l’institution de l’avenue des Pins ont été récupérés et mis en valeur dans le nouvel espace. « Sous la scène du Quat’sous, nous avons découvert les vestiges d’une scène encore plus vieille, nous avions l’impression d’être des archéologues », explique Pierre Potvin. L’utilisation de ces artéfacts théâtraux a fait dire à l’architecte Laurent McComber : « du Quat’sous il ne reste que la cenne ». Ce jeu de mot aura donné son nom au jeune lieu culturel.

« Depuis la création de La Cenne, les 10 locataires qui s’y sont perchés ont vu leurs activités décupler. Ces contacts et le réseau qui en découle, donnent du travail aux artisans résidents » explique Mélanie Charest. Mais pour Christophe Garoscio, immigrant français et membre fondateur, La Cenne, c’est aussi une famille.